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Journée Internationale de l’Éducation, un droit pour tous !


Célébrée le 24 Janvier, cette date rappelle une réalité trop souvent oubliée : apprendre est un droit fondamental et non un privilège ! En RDC surtout dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu, ce droit est réellement menacé pour des milliers d’enfants.
L’éducation est reconnue comme un droit universel. Elle permet donc ainsi à l’enfant de se construire, de comprendre le monde afin d’envisager un avenir meilleur.

A l’Est du pays, les réalités sont très différentes. Beaucoup de parents se battent parfois au prix de grands sacrifices pour envoyer leurs enfants à l’école. L’insécurité persistante, les déplacements de population et la pauvreté rendent l’accès à l’éducation difficile, voire impossible pour de nombreux enfants. Surtout en milieu rural, où certains sont contraints de travailler pour aider leurs parents à subvenir aux besoins de leur famille. En février 2025, à peu près 1,6 million d’enfants ont été privés d’école, des données confirmées par l’UNICEF.

Dans plusieurs territoires, les écoles manquent de tout. Les salles de classe sont parfois construites en matériaux précaires. Les bancs sont insuffisants. Les manuels scolaires sont rares. Certains enseignants travaillent sans salaire régulier, ce qui affecte considérablement la qualité de l’enseignement. À cela s’ajoutent des obstacles plus lourds encore. Les conflits armés forcent des familles à fuir, interrompant brutalement la scolarité des enfants. Rien qu’au Nord-Kivu, l’UNICEF rapportait fin 2025 que 290 écoles avaient été endommagées ou détruites par les affrontements ; au Nord et Sud-Kivu, le Ministère de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté (MINEDU-NC) comptait 2594 établissements scolaires fermés.

Au-delà des chiffres, ce sont des milliers d’enfants privés de stabilité, d’apprentissage et de perspectives d’avenir.

Assurer l’éducation malgré les crises …

En 2026, à l’occasion de cette journée, la MINEDU-NC a lancé officiellement la Stratégie de l’Éducation et de la Formation en Situations d’Urgence (SEFSU), un investissement de 824 millions USD prévu sur cinq ans pour garantir la continuité des cours malgré les déplacements de populations et de faciliter l’accueil des élèves déplacés dans des écoles de transit ou des communautés d’accueil plus sûres.

Elle met l’accent sur plusieurs priorités, entre autres la protection des apprenants et des enseignants, la réhabilitation et la sécurisation des infrastructures scolaires, la mise en place d’espaces temporaires d’apprentissage pour les enfants déplacés, ainsi que l’adaptation des programmes éducatifs aux réalités des zones de conflit. Cette stratégie est mise en œuvre en étroite collaboration avec des partenaires techniques et financiers tels que l’UNICEF, l’UNESCO, ainsi que d’autres agences des Nations Unies et organisations humanitaires. L’engagement commun est de ne pas sacrifier l’avenir des enfants sur l’autel des crises en cours.

Toutefois, la mise en œuvre de la stratégie reste confrontée à d’importants défis liés à l’ampleur des besoins, à l’insécurité persistante et aux ressources limitées. Dans ce contexte, l’implication des organisations de la société civile et des initiatives communautaires demeure indispensable pour compléter et renforcer les actions institutionnelles. Les organisations communautaires et les ONG locales apportent alors des réponses concrètes, adaptées aux réalités du terrain.

EDEN WORLD FOUNDATION fait partie de ces acteurs, dont l’accès à l’éducation est au cœur de ses engagements.

Le parrainage scolaire, un programme EDEN en action

L’organisation agit pour réduire les inégalités éducatives et offrir aux enfants vulnérables une réelle opportunité d’avenir. L’un de ses axes d’intervention majeurs est le programme de parrainage scolaire, conçu comme une réponse concrète et humaine aux obstacles auxquels font face de nombreuses familles.

À travers ce programme, EDEN WF accompagne des enfants issus de milieux défavorisés en prenant en charge tout ou partie des frais liés à leur scolarité : frais scolaires, fournitures, uniformes et, lorsque cela est possible, un suivi éducatif et social. Le parrainage ne se limite pas à un soutien financier ; il crée un lien de solidarité durable et redonne à l’enfant confiance, motivation et espoir.

Depuis la rentrée 2025-2026, le programme assure la scolarisation de 123 enfants au sein des écoles primaires partenaires, au niveau de la province du Sud-Kivu. En devenant parrain ou marraine à travers le programme d’EDEN WF, vous soutenez un enfant, en lui permettant d’aller à l’école, d’avoir des fournitures et un suivi éducatif.

Chaque enfant mérite d’apprendre

Pour EDEN WF, l’éducation est une réponse durable aux crises, un outil de reconstruction et un espoir pour les générations futures ; une conviction réaffirmée à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation 2026.

Garantir l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants, y compris dans les zones de conflit, nécessite une mobilisation collective, autorités publiques, partenaires internationaux, organisations de la société civile et citoyens engagés.

Ensemble, il est possible de faire en sorte qu’aucun enfant ne soit laissé de côté.
Parce que chaque enfant mérite d’apprendre, de rêver et de construire son avenir.

Article rédigé et corrigé par Clémence Nzita et Merveille Boroto

Les enfants sans foyers : faits et pistes de solutions


C’est qui un enfant ?

Selon la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), l’enfant est défini comme tout être humain de moins de 18 ans, sauf si la loi nationale accorde la majorité plus tôt. Tous les droits s’appliquent à tout enfant sans exception.

En effet, la déclaration de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant sur la protection de l’enfant, en son article 17, stipule que : “ Tout enfant a droit à un milieu familial, cadre idéal où ses besoins matériels, moraux et affectifs sont pris en compte pour son épanouissement ”.

De nos jours en ce monde, on constate que le nombre d’enfants sans foyers demeure considérable malgré l’existence des instruments et structures œuvrant pour la protection et la sécurité de l’enfant. Depuis la nuit des temps, les enfants sans foyer et/ou famille d’accueil se voient confrontés à des situations particulièrement inconfortables en dépit de leur droit de bénéficier de protection et d’encadrement nécessaire.

Parlant de notre vécu quotidien, précisément à l’Est de la République Démocratique du Congo, la province du Sud-Kivu n’échappe guère à cette réalité.
Cependant, il sied de signaler que l’attention et la protection, signes d’amour que l’on peut porter à un enfant, jouent un rôle capital dans l’émancipation, l’autonomisation et le développement de ce dernier. Le cadre, par excellence, pour la transmission de ces éléments est la famille.

La famille est la première institution qui offre l’essentiel de l’éducation de base à l’enfant.

Malheureusement, tous les enfants ne bénéficient pas de ce privilège d’avoir une famille. Ce qui fait que nombreux s’égarent dans leur croissance à cause de l’absence de ce cadre dans lequel il se sent accepté et aimé. Et qui est un pont dans son intégration sociale.

Quid des enfants sans foyer

Par « enfant sans foyer », nous voyons toute personne mineure (-18 ans) qui est dépourvue d’un cadre familial pour telle ou telle autre raison. Le terme s’applique aussi aux enfants de la rue.

« Les enfants de la rue » sont ceux pour qui la rue est un milieu de vie prédominant. A cet effet, il nous semble préférable d’utiliser l’expression ‘’ Enfants en Situations de Rue ‘’ (ESR), ceci afin de souligner que le problème n’est pas situé simplement chez les enfants mais dans les situations à travers lesquelles ces enfants se retrouvent dans la rue. (Vogt, 2016)

Quelles en sont les causes et origines ?

Pour comprendre la situation des enfants sans foyers, il revient à discerner les éléments souches qui s’avèrent être les racines même du problème.

Le phénomène des enfants en situations de rue est dû à diverses causes, à savoir des causes économiques, sociales et politiques, qui sont interdépendantes d’où nous pouvons citer :

  • Les conflits armés et l’Instabilité politique
  • La passivité des Institutions nationales spécialisées dans la prise en charge des enfants sans foyer
  • L’abandon des responsabilités parentales et la situation de pauvreté
Comment y remédier ?

Les enfants sans foyer font partie des personnes en situation difficile et nécessitent alors une attention particulière.

L’objectif n° 8 du Sommet Mondial pour les enfants, stipule que :

“Les pays doivent assurer une meilleure protection aux enfants se trouvant dans des circonstances particulièrement difficiles et s’attaquer aux causes fondamentales de ces situations”.

Comme pistes de solutions, nous pouvons suggérer :

  • La réinsertion sociale des enfants en situation de rue
  • La conscientisation des personnes sous-informées et la lutte contre le mariage précoce
  • L’amélioration des Institutions nationales spécialisées dans la prise en charge des enfants sans foyer
  • Le maintien de la paix dans les régions rurales et urbaines

Pour clore, nous lançons un appel d’appui par les ONGs, des agences internationales et/ou des partenaires locaux pour faire face à ce phénomène. Par le concours de toutes les structures qui luttent pour les droits de l’enfant, la mise en place d’une stratégie nationale de réinsertion serait capitale pour définir les modalités des actions à entreprendre.

Auteur de l’article : Joseph Vunanga – Eden World Foundation

Photo: capturée en RDC par Julien Harneis (CC BY-SA 2.0).